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De nombreux quartiers
dits « en difficulté » dans nos villes,
concentrent en leur sein, les difficultés sociales,
la mal-vie, l’incongruité urbaine et parfois
même le sentiment de relégation par rapport au
reste de la collectivité. Toutefois cette description
généralisante est quelque peu rapide. Nous le
savons, aucune situation n’est comparable. Nous avons
déjà pu mesurer dans nos diverses expériences
que si les symptômes sont souvent identiques, les «
réalités » rencontrées varient
et sont toujours singulières. L’organisation
de la vie sociale dans un quartier populaire est toujours
au croisement de formes de sociabilité, émergeantes
et disparates. Souvent la désagrégation d’une
partie de l’activité économique liée
à l’industrie est venue brouiller une organisation
sociale et spatiale strictement fonctionnelle.
Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour
constater que les formes urbaines ont vieilli. La conscience
de cette situation est ré-activée par la nécessité
de transformations sociales. La société change.
L’organisation sociale et économique change.
Les valeurs, opinions et représentations changent.
Quels types de changement doivent intervenir sur ces quartiers
? Et quels types de changement sont attendus par les habitants
? Vastes questions ! Nous n’avons pas à priori
la réponse.
Seule des démarches spécifiques de « sur-mesure
» permettent d’apporter des réponses et
contribuent à l’élaboration de projets
de renouvellement urbain. Évidemment les pratiques
et les usages sociaux des habitants peuvent être globalisés.
Les formes d’intégration territoriales sont souvent
subordonnées à l’expression de leurs besoins
socio-économiques, à l’offre de services
et aux représentations qu’ils ont de leur situation
et de celles qui sont véhiculées par autrui,
ceux qui vivent à l’extérieur. Mais au-delà
de ce constat premier, homogénéisant, nous pouvons
aussi convenir que la manifestation des usages sur un espace
et celle des besoins qui s’y expriment ne sont rien
d’autres que des formes d’appropriation et non
appropriation des lieux et des territoires symboliques. Il
y a autant de ressemblances que de dissemblances possibles,
il y a autant de rassemblements (reliance) que d’oppositions
possibles. C’est de cette manière que se compose
l’être ensemble, dans des combinaisons provisoires
du « nous » qui écartent tout déterminisme
mécanique.
La société se fabrique et la ville se renouvelle
sur ces territoires incertains.
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